Kolivri est une édition française, en langue française, mais qui vit dans une francophonie qui ne souhaite pas être insulaire. Nous publions la poésie qui ose, la traduction exigeante et l’essai de philosophie comme on l’aime.

Sur un espace fractal
Notre ligne éditoriale doit être imaginée sur un espace fractal : droite et simple en elle-même, mais l’espace qui l’accueille est complexe. Elle naît parce que nous ne trouvons pas assez souvent, en librairie, les livres que nous souhaitons lire. La prose n’a peut-être jamais été aussi bonne. Mais nous restons parfois sur notre faim quand il s’agit de la poésie, de la littérature d’essai, de la philosophie.
D’abord la poésie
Depuis la mort de Rimbaud, il y a 135 ans, une chape de plomb semble s’être posée sur l’expression poétique française — comme si, après lui, plus personne ne pouvait être jeune. Quelques soubresauts, bien sûr : Apollinaire, Aragon, d’autres. Mais tout cela finit par se ressembler un peu trop. Hors slam et rap, on retrouve presque toujours la même structure, les mêmes thèmes, la même langue : étriquée, tristement thérapeutico-lyrique, politiquement sans flamme. Cela manque d’orgueil, de musique, de drames.
Alors chez nous il y aura aussi des « fotes » et des « potes » — mais ils seront mis en minorité. Quand le slam est bon, il est franchement bon. Mais nous voulons d’abord proposer une quiétude complète, une imperturbabilité majestueuse devant le vers qui inspire un grand air et qui chante comme un chœur. Des tambours et des trompettes. Du baroque espiègle. Autant de « post » que vous voudrez : cinquante ans plus tard, nous ne sommes résolument plus dans la post-post-modernité.
Ce que nous acceptons
On ne refusera pas un manuscrit parce qu’il s’est écrit en octosyllabes, en décasyllabes ou en alexandrins. Nous accueillons le palindrome un peu bizarre. La traduction d’Akhmatova qui, en fin de compte, trouve une solution pour l’anapeste hautain. Du moment que le texte est utile — qu’il élève un esprit, donne du baume, enseigne, ou soit simplement joli.
De même pour tout ce qui n’est pas de la poésie. Mêmes règles. Clair ?
