Kolivri est une jeune maison d’édition française, portée par une association loi 1901, sans but lucratif. Nous publions peu, et avec soin : de la poésie en vers, de la traduction, des essais de philosophie contemporaine.

Pourquoi du papier au XXIᵉ siècle ?
Je dis souvent que je n’ai aucun fétichisme livresque. Et pourtant je m’apprête à créer une édition qui imprime — des objets physiques qui ont une certaine densité de carbone. Cela ne se fait pas sans arguments.
En 1969, un an avant sa mort, Léa Goldberg, grande poétesse hébraïque, répondait par ce très court poème à un questionnaire : « En quel but écrit-on des poèmes lyriques en notre génération ? »
Réponse
Et que faire des chevaux au vingtième siècle ? Et des biches ? Et des grandes pierres Aux montagnes de Jérusalem ?
תשובה — וּמַה לַּעֲשׂוֹת בְּסוּסִים בַּמֵּאָה הָעֶשְׂרִים? וּבָאַיָּלוֹת? וּבָאֲבָנִים הַגְּדוֹלוֹת שֶׁבְּהָרֵי יְרוּשָׁלַיִם?
Le papier est recyclable, donc éphémère ; la bibliothèque d’Alexandrie nous l’a appris. J’aime l’impression soignée parce qu’elle aide la lecture. Je lis beaucoup sur papier : jamais à court de batterie, il ne me notifie pas, et mon œil lit en diagonale — c’est fait pour. J’adore par ailleurs disposer de copies numériques, accessibles, de tout. Kolivri aura donc une forme papier et une forme numérique. Nous ferons de notre mieux pour limiter les émissions liées à notre activité — entre nous, à des quantités si petites que la mesure même sera difficile.
Pourquoi publier ?
On écrit pour mille raisons. On publie pour trois : gagner sa vie, être reconnu, et servir — être utile. Quand les trois se rejoignent, tout le monde a fait son travail : l’auteur, l’éditeur, le diffuseur, le libraire, le lecteur.
Notre part du contrat : choisir des livres que nous croyons utiles — parce que beaux, parce que différents — et les rendre aussi accessibles que possible à un public qui pourrait en faire bon usage. Si Kolivri existe, c’est parce que nous croyons qu’en ce moment même, dans sa chambre, une fille de dix-sept ans écrit quelque chose de merveilleux qu’il est nécessaire de mettre entre les mains d’un certain monsieur de soixante-dix ans.
— Ori
